Visa n° 74 539 & 75 312
Durée : 210 minutes
© 1992 Les Films 13 / TF1 Films Production

Avec : Gérard Lanvin, Béatrice Dalle, Vincent Lindon, Marie-Sophie L., Patrick Chesnais, Gérard Darmon, Anémone, Isabelle Nanty, Paul Préboist, Amidou, Marie Sara, Charles Gérard, Pierre Vernier, Jean-Michel Dupuis, Jean Benguigui, Jean-Claude Dreyfus, François Perrot, Elie Chouraqui et Jacques Gamblin.

Note d’intention : « Dimanche 26 Janvier 1992, au Ciné 13, avenue Junot, je vois pour la première fois les trois heures trente de « La belle histoire ». Tout seul. Pour mon plaisir ou ma plus grande angoisse. Depuis trois ans, j’ai imaginé ce film de mille et une façons à partir de quelques notes pompeuses dans le genre…

« C’est l’histoire de quelques individus qui ont envie de voir un peu plus loin que le bout de leur vie. » -

« Comment peut-on arriver le premier sur des milliards d’individus, dans le cœur de quelqu’un ? » – « Pourquoi est-on capable de l’aimer plus que soi-même ? » – « Y-aurait-il des vies pour apprendre à s’aimer et des vies pour s’aimer vraiment ? » – « Pourquoi les immenses progrès du bonheur sont-ils inévitables ? » – « Pourquoi une vie peut-elle paraître aussi longue et courte que l’éternité ? » – « Comment le hasard et les coïncidences peuvent-ils compenser certaines injustices ? »… Le long cheminement des sentiments etc.

J’ai comme ça des tas de cahiers de notes et de dialogues en attente. Le moment est venu de passer en musique puisque c’est toujours par elle que je commence mes films. Et là apparaît le thème principal : l’inconscient. Cette mémoire qui n’a pas de mémoire, qui sait tout de nous et dont notre intelligence se méfie tant. Pourquoi est-ce derrière les grandes misères que se cachent les plus belles histoires ? Une fois de plus l’amour est la plus belle des histoires. Donc le film s’appellera « La belle histoire ».

C’est en tournant le dernier plan de « Il y a des jours et des lunes », lorsque Gérard Lanvin est cloué sur une voiture avec un couteau dans le ventre, comme le Christ sur sa croix, que les images de « La belle histoire » sont devenues évidentes.

Un film que je n’ai jamais pu contrôler à cent pour cent, et où le plaisir d’être dominé par lui a finalement été bien plus agréable. Comment expliquer cette sensation jamais ressentie en 32 films ? Une histoire où les coïncidences et les hasards sont les vraies stars. Où le feeling du tournage l’a toujours emporté sur la réflexion de la préparation.

Bref, un film qui ne pourra jamais entrer dans aucun synopsis, aucun scénario, que je ne pourrai jamais vous expliquer. Simplement vous montrer.