Visa n° 38 982
Durée : 116 minutes
© 1972 Les Films 13 / Les Films Ariane / PEA Artistes Associés

Sélection officielle Festival de Cannes, hors compétition.

Avec : Lino Ventura, Jacques Brel, Charles Denner, Charles Gérard, Aldo Maccionne, Nicole Courcel, Johnny Hallyday, Juan Luis Buñuel, Yves Robert, Xavier Gélin, Gérard Sire, Georges Cravenne, Elie Chouraqui, Catherine Allégret et Michel Drucker.

Note d’intention : Paris, en 1972, est le cadre d’un Festival d’un genre spécial : hold-up, règlements de compte, attaques, se succèdent. On se croirait revenu au temps du Chicago d’une certaine belle époque…Pourtant, la vie n’est pas drôle pour les truands : si les banques sont toujours aussi faciles à piller, on n’y trouve plus d’argent, il est ailleurs, en sécurité. Le meurtre lui non plus ne paie plus.

Et la contestation vient de la classe sociale réputée la plus docile : les prostituées, réunies en meeting à la Mutualité, déclenchent la première grève générale de ce genre depuis Lysistrata, pour l’indépendance. Rien ne va plus donc dans le monde de la Pègre. Jacques, Lino et Simon, trois « chefs » et leurs exécutants, Charlot et Aldo, se sont réunis pour trouver une solution à la récession.
La conclusion de leurs entretiens ; c’est qu’ils sont démodés, qu’il leur faut revoir leurs méthodes ; appliquer à la « crise du crime » les solutions habituelles aux problèmes économiques des petites, moyennes et grandes entreprises : management, recyclage, formation accélérée des cadres. Dans une branche offrant de multiples débouchés, la seule à l’heure actuelle : La Politique.

Si le grand mot est lâché par nos héros, entendons-nous bien : il ne s’agit pas d’un film politique, mais d’un film d’aventures, d’une comédie burlesque, d’une bande dessinée satirique, dans laquelle Jacques, Lino, Simon et leurs acolytes seraient les frères de sang des Pieds-nickelés, plus près des Marx Brothers que d’un autre Marx…

Nantis de leur culture politique toute neuve et mal digérée, nos cinq héros passent rapidement aux travaux pratiques. Les gens de tous bords, pourvu que le salaire promis soit confortable, trouvent en eux des hommes prêts à tout. Toutes les grandes affaires, qui font la une des journaux, portent désormais leur signature.

Pour les gens de la rue, ils deviennent des héros, défenseurs des causes perdues, ceux dont on lit tous les jours les aventures en feuilleton. Il est vrai que leur imagination défie celle du plus retors des feuilletonistes : C’est la fantaisie la plus folle, mise au service du plus offrant.

Et quand la forfaiture d’un de leurs « commanditaires » de la veille, après les avoir promis à une mort atroce, plus raffinée qu’un supplice chinois , les livre à la justice de leur pays, c’est l’opinion publique qui les tire d’affaire.

On les retrouve, en semi-retraite, en Afrique. Pas pour longtemps cependant : dépassés par leur légende, ils sont accueillis en triomphateurs, acclamés, obligés de faire un discours.

Et quand un nouveau parti, d’on ne sait quelle opposition, croit les avoir gagnés à la défense de leur (évidemment) juste cause, ils préparent en grand secret, pour leur propre compte, un nouveau « coup » à faire trembler le spectateur dans son fauteuil. Un « coup » tellement gros, tellement énorme, qu’il ne peut les conduire qu’à la catastrophe ou à la gloire…