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comme "Edith et Marcel"
Edith
et Marcel
Entretien avec Claude Lelouch
Au début
de l’année 1981, je ne savais pas encore que je faisais un film sur Dieu.
Je pensais réaliser un film sur la boxe, le showbiz, du spectacle à l’état
pur… et c’est comme si, brusquement, pour la première fois de ma vie,
l’invisible m’était révélé.
Il
peut paraître étrange de parler de la foi à propos d’un film sur un boxeur
et une chanteuse, pourtant, je n’ai pas le moindre doute : je parle
de toutes les croyances, de toutes les religions, de toutes les superstitions ;
ces superstitions dont Cocteau disait qu’elles étaient « l’art d’assumer
les coïncidences ». Quand on demandait à Edith Piaf pourquoi elle
croyait en Dieu, elle répondait, dans un grand éclat de rire, par cette
phrase toute simple : « Je ne connaissais rien au solfège et
je chante ; j’étais aveugle et je vois ! »
Marcel
Cerdan est entré dans ma vie autour de mes dix ans. C’est un âge où les
héros qui entrent dans votre mythologie personnelle ne vous quittent jamais
plus. Lorsqu’il revint des Etats-Unis, avec le titre de champion du monde,
Cerdan était pour moi plus fort, plus présent que Zorro, Tarzan et d’Artagnan
réunis. J’avais trouvé mon superman, mon idole, en attendant de vibrer
à la voix d’une superwoman, de celle qui toute sa vie n’a chanté qu’un
seul mot de la langue française : l’amour…
Cerdan
m’a appris la vie, Piaf m’a appris l’amour et tous deux m’ont appris la
mort : j’avais douze ans lorsque dans la nuit du 27 au 28 octobre
1949, l’avion de Marcel Cerdan s’est écrasé sur un pic des Açores. Tous
mes héros, d’un seul coup, venaient de mourir.
C’est
à cette époque que je me suis mis à écouter, à regarder, que je suis devenu
une machine à enregistrer des sons et des images… C’est peut-être aussi
à cette époque que j’ai compris que le cinéma pouvait faire revivre mes
héros disparus, qu’il était l’instrument même de la réincarnation. Une
idée qui me poursuit depuis longtemps…
Dix
ans après la mort de Cerdan, j’ai rencontré Edith Piaf. Je lui ai parlé
pendant une demi-heure devant les galeries Lafayette. J’ai compris qu’elle
n’avait jamais quitté Marcel et qu’elle le criait, le psalmodiait, le
hurlait et l’embrassait sans fin dans chacune de ses chansons. Par une
nuit d’octobre, le « ciel bleu s’était effondré » sue eux, mais
Dieu les avait réunis pour toujours. Comme devaient être un jour réunis
Edith, Marcel et Claude. Miracle des rencontres : on croit connaître
quelqu’un pendant dix ou trente ans, et puis un jour, on le rencontre.
C’est inexplicable, ou c’est aussi explicable que la rencontre amoureuse
entre un homme et une femme.
Avant
de faire ce film, je croyais qu’un couple, cela supposait cinquante pour
cent d’affinités et cinquante pour cent de complémentarité ; je sais,
maintenant, que l’amour entre deux êtres est fait de vingt-cinq pour cent
de complémentarité et cinquante pour cent de mystère. C’est ce mystère
qui m’intéresse, cette part d’impalpable, cette part d’invisible qui nous
entraîne sur un chemin qui n’a d’autre but, précisément, que le chemin.
Piaf
croyait en tout ce qu’elle ne voyait pas. Moi, je crois en cette somme
de coïncidences, de signes, de connivences intuitives, de choix inconscients
qui ont préparé, qui ont annoncé ce film, où les principaux acteurs, Dieu,
Edith Piaf et Marcel Cerdan, sont à la fois présents et absents.
J’aime
les histoires d’amour : on en se lasse jamais ni de l’espoir, ni
du désir. Et lorsqu’on croit fortement à la réalité de ses désirs, tout
peut arriver ; l’imaginaire devient réalité, sainte Thérèse redonne
la vue à Piaf ou fait gagner Cerdan.
Et
la mort ? L’accident de Marcel, la fin suicidaire d’Edith Piaf et
de Patrick… Il fallait sans doute une mort brutale pour transformer une
banale histoire d’adultère en tragédie grecque. « On a toujours ce
qu’on mérite, disait Edith, le bien comme le mal, le bonheur comme la
souffrance… »
Son
mérite, à elle, c’est précisément d’avoir tout assumé, intensément, le
bonheur et le malheur jusqu’à l’ivresse, jusqu’à l’overdose.
Ce
que j’ai aimé dans l’histoire de Piaf et de Cerdan, c’est la vérité profonde,
l’authenticité des sentiments. Jamais je n’aurais osé inventer certaines
scènes d’Edith et Marcel. Mais ces scènes ayant été vécues par
d’autres, j’avais la caution de l’histoire. Je n’ai rien fait d’autre
que filmer en différé une histoire que les personnages eux-mêmes avaient
inventée. Car Edith Piaf inventait sa vie chaque matin, la sublimait chaque
soir, et chaque nuit, la détruisait.
Claude
Lelouch
E
comme "Entretien"
Entretien
entre Michel Drucker et Claude Lelouch
au moment de la sortie de "Si c'était à refaire"
(1976)
Michel
Drucker : « Claude, si
tu le veux, faisons un petit retour en arrière. Tu as 39 ans et
cela fait vingt ans que tu es dans le cinéma. Ton premier long-métrage
«Le propre de l'homme» en 1960, est un échec
total... Tu le reconnais toi-même.
Claude Lelouch : C'est vrai. Echec sur toute la ligne
: financier, public et critique. Mais en fait, c'est sans doute le film
qui m'a apporté le plus. Je ne sais plus qui disait : «Savoir
perdre, c'est le début de la victoire». J'ai toujours été
très sport dans mes défaites. Très souvent, je vais
au football : la victoire se décide au millimètre. Pour
une balle qui rebondit sur la barre ou rentre dans le but. tu as la gloire
ou pas la gloire. La vie, c'est pareil.
M.D.
: II n'y a pas de hasards...
C.L. : C'est ça. J'ai toujours respecté les défaites
autant que les victoires. Et j'ai plus appris dans les défaites
que dans les victoires. Le plus grand des courages, c'est de reconnaître
ses propres erreurs. «Le propre de l'homme»
m'aura finalement rendu service. J'avais tellement envie de refaire un
film que je me suis dit : c'est pas possible qu'on m'élimine d'emblée.
M.D.
: Entre 1960 et «Un homme et une femme»,
il y a eu d'autres films. C'était une période intermédiaire
pour toi.
C.L.
: «La vie de château» a été
stoppé après une semaine de tournage. Je n'avais plus de
fric. Un désastre. En 1962, «L'amour avec des si»
: là. j'ai eu la critique. Surtout à l'étranger.
Ensuite, j'ai fait «La femme-spectacle» qui
a été complètement interdit. Et puis. il y a eu ce
film qui m'a permis de rebondir : «Une fille et des fusils».
C'est le premier film qui a fait parler de moi. Et enfin «Les
grands moments» : ça a été dramatique.
Le deuxième grand échec. Là, j'ai pensé à
me retirer de ce métier. J'ai même brûlé les
négatifs.
M.D. : Et c'est précisément à ce moment là
que tu imagines « Un homme et une femme ». Comment cela s'est-il
passé ?
C.L. : Je m'en souviens très, très bien. Je sortais d'une
projection privée des «Grands Moments»
qui consacrait mon échec. Alors là, j'ai pris ma voiture.
Je prends toujours ma voiture quand ça va mal. Et je roule. Cette
nuit-là, je suis arrivé à Deauville, je me demande
comment. Je n'avais plus un rond. Je me suis garé au bord de la
plage et j'ai dormi dans ma voiture. Le lendemain matin, je me réveille
complètement ankylosé. J'avais besoin de respirer. Alors,
je me mets à marcher sur la plage. Et très loin, sur cette
plage à marée basse, j'ai vu une femme qui jouait avec une
petite fille. Je me suis demandé ce qu'elle pouvait bien faire
à huit heures du matin. Je trouvais cette femme jolie, de loin,
à 800 mètres de moi. Il y avait la brume, cette lumière
très caractéristique de Deauville. Je me suis rapproché.
Et à ce moment-là, j'ai commencé à penser
au personnage d'Anouk Aimée et à imaginer l'histoire d'«Un
homme et une femme». Je suis retourné à toute
allure dans ma voiture et j'ai repris la route de Paris. Tout en conduisant,
j'ai dicté au magnétophone l'histoire d'«Un
homme et une femme». Sans le drame de la projection des
«Grands
moments» la veille, je n'aurais jamais écrit cette
histoire. Et en deux mois. j'ai tourné le film : j'ai sauvé
la baraque !
M.D. : Pendant ce tournage, est-ce que tu as senti que ce film serait
un tournant. Parce que, il n'est pas possible que ce film ait eu autant
de succès et que tu ne l'aies pas ressenti pendant le tournage...
C.L. : Chaque fois que, par instinct, j'ai foncé, que j'ai bousculé
les narrières. j'ai été récompensé.
Je savais, pendant le tournage d'«Un homme et une femme»
qu'il se passait des choses importantes.
M.D. : Et c'est le succès extraordinaire que l'on connaît.
Avec des acteurs — Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée
— qui n'étaient pas à l'époque des superstars.
Est-ce que tu te dis finalement que le succès d'un film, ce n'est
pas seulement une têto d'affiche ?
C.L. : Le fait de prendre des stars, c'est qu'en général,
ce sont de bons comédiens. D'autre part, pour ce qui concerne les
cachets, rien n'est astronomique quand c'est mérité. Mais
aujourd'hui une vedette ne peut servir un film que pendant une ou deux
semaines. Tu as les «vedettes-aspirateurs». Tu les mets en
haut d'une affiche et automatiquement tu as un maximum de spectateurs
au départ. Or payer un «aspirateur» à ces tarifs
là, je trouve ça très, très cher: Ça
ils ne fonctionnent vraiment que pendant une semaine ou deux.
M.D.
: A partir d'«Un homme et une femme»,
tu es devenu un homme d'affaires. Tu as ta maison de proc'jction, tu es
complètement indépendant. Est-ce que tu as appris à
être un gestionnaire ?
C.L. : Je n'étais pas doué pour les affaires. J'avais seulement
un père fantastique qui m'a tout appris. Moi, je suis un enfant
du système D. Je suis né en 1937 et tout de suite après,
j'ai connu la guerre. On m'a expliqué des choses essentielles pour
ma survie. J'étais dans une famille israélite. Mon père
et ma mère étaient recherchés par la Gestapo. Chaque
fois qu'on frappait à la porte, je me précipitais dans une
cachette sous un escalier. Dans cette cachette, il y avait une valise.
Dans ma ceinture, j'avais de l'argent. Mon père me disait : «Si
on vient nous chercher, maman et moi, tu vas à telle adresse en
prenant le métro». Alors à cinq ans. j'ai appris à
prendre le métro tout seul,à traverser Paris la nuit tout
seul. Mon père m'a appris à voler du pain dans une boulangerie.
Il m'a appris le marché noir pour que je puisse survivre s'il disparaissait.
Il m'a même appris des prières catholiques. Ça a même
été beaucoup plus loin. Il avait un copain curé et
un jour il m'a fait une photo habillé en enfant de chœur avec
le curé. Il m'a dit : «Garde toujours cette photo sur toi...».
Et effectivement un jour, je m'en suis sorti avec un Allemand en montrant
cette photo, tout vient de là. Quand la guerre a été
finie, j'avais des automatismes. A six ans, je savais déjà
me débrouiller dans la vie. Un jour, je ferais un fiIm sur cette
période.
M.D.
: Je reviens à «Un homme et une femme».
Le succès arrive, tu toufes film sur film. Est-ce que parallèlement
tu as senti que tu devenais une cible, qu'on n'admettait pas ton succès
? ...
C.L. : II faut que je sois honnête avec mes ennemis. Ils ont toujours
été mes ennemis même dans l'insuccès. Quand
la réussite est arrivée, leur haine a enflé en proportion.
M.D.
:; Quelle est ton attitude face à tes détracteurs ?
C.L. : II y a une époque où ça me faisait de la peine.
Mais en fait, ça m'a jamais empêché de travailler.
Il me faut une interview comme celle-là pour faire un «flash-back».
Quand je me suis posé des questions, c'est uniquement parce qu'on
m'en posait. Je suis un homme d'action. Alors, je me dis qu'un jour mes
ennemis vont se lasser. Ils en trouveront peut-être un autre. De
toutes les façons, depuis la sortie du «Voyou».
je n'ai plus jamais lu un seul article-critique sur un de mes films. Non.
je me réfugie dans le travail. Par exemple, l'insuccès de
«Toute une vie» a déclenché
chez moi une politique d'action énorme. J'ai tourné quatre
films en deux ans : «Mariage», «Le
chat et la souris», «Le bon et les méchants».
et «Si c'était à refaire» :
c'est beaucoup ...
M.D. : Parlons justement de «Si c'était à
refaire». Comment l'idée t'en est venue ?
C.L.
: Depuis longtemps, je voulais faire un film sur les femmes et je ne savais
pas comment l'aborder. Tout simplement, parce que je les aime profondément.
Et aussi, parce que ce qui motive mon action, ce sont les femmes. Si j'ai
envie d'épater quelqu'un, c'est une femme. J'aime les femmes parce
que, pour moi, c'est le mystère. Elles sont tellement justes et
injustes, tellement folles et raisonnables, tellement lucides et stu-pides...
Elles ont tout pour séduire et décevoir. C'est l'aventure.
Aujourd'hui, au vingtième siècle, la seule aventure possible,
c'est la femme.
M.D. : Les deux femmes que tu mets en scène dans ton film.
Catherine Deneuve et Anouk Aimée sont deux femmes qui n'ont pas
eu la chance de leur côté au départ.
C.L.
: Oui. mais au départ, ce sont des «poids lourds».
comme on dit en boxe. Elles sont terriblement exigeantes, donc seules.
Leur physique fait qu'elles ont tout le monde à leurs pieds et
c'est pour ça qu'elles demandent plus. Elles cherchent l'une et
l'autre un homme d'exception. Comme les poids lourds, elles n'ont pas
d'adversaires dans leur catégorie.
M.D.
: Je ne veux pas déflorer le sujet. Mais à la fin du
film, on peut penser qu'elles sont parties sur le bon pied.
C.L. : Oui. La fin sur le Mont Blanc est symbolique. Il ne faut pas oublier
qu'on part d'une prison et qu'on finit sur le Mont Blanc. Cette élévation
est le résultat du parcours le plus difficile. Tout le monde rêve
de tomber sur une autre bonne femme comme ça...
M.D. : Et Anouk Aimée, à quel moment tu lui as demandé
de revenir tourner avec toi ?
C.L. : Par le plus grand des hasards. Je terminais à peine d'écrire
le scénario un matin et le téléphone sonne. C'est
Anouk qui m'appelle de Londres. Je ne l'avais pas vue depuis sept ans.
On échange quelques banalités et elle me dit : «Si
un jour
tu as envie de me refaire tourner, je serais folle de joie...».
J'ai pris un avion et nous avons déjeuné ensemble à
Londres. Voilà. Cela a été très simple.
M.D. : Et Catherine Deneuve...
C.L. : Elle. je ne la sentais pas mûre avant. C'était une
actrice qui m'intriguait. Je me disais : «Quand elle aura quelques
rides de plus, elle va m'intéresser». Et ce jour est arrivé.
M.D. : Et si maintenant tu faisais un bilan : tu ne peux pas t'empêcher
de te dire que tu t'es mis à l'abri de tous les aléas.
C.L. : Je suis conscient que le cinéma va traverser sa plus grande
crise l'année prochaine. Le cinéma va arriver à son
âge adulte et seuls les vrais professionnels s'en sortiront. Ceux
qui le connaissent, qui l'aiment,
qui y croient vont le prendre en charge.
M.D.
: Tu es un autodidacte. Est-ce que tu n'en as pas souffert ?
C.L. : Ma culture repose sur la connaissance des individus. Ce que je
connais le mieux, ce sont les rapports humains. L'homme m'a toujours fasciné.
Je n'ai jamais appris des choses d'avance, comme à l'école.
Je n'ai appris que ce dont j'avais besoin sur le moment. Par exemple,
quand je faisais «Toute une vie». j'avais
un passage sur la guerre de 14-18. J'ai marqué une pause et j'ai
lu tout ce qu'on pouvait lire sur la guerre de 14-18. Ma culture ne se
fait qu'en fonction de mes besoins.
M.D.
: On te reproche de faire un cinéma de distraction, pas un
cinéma de réflexion...
C.L. : Alors là, je vais te dire : moi je suis à fond pour
la distraction. Je suis sur cette terre pour m'em... le moins possible
et em... les autres le moins possible. J'ai toujours pensé qu'un
film, un livre, une peinture, un morceau de musique devaient être
«lisibles». J'aime les gens qui savent expliquer ce qu'ils
ressèment et ce qu'ils aiment. Raconter une histoire, c'est ne
laisser pratiquement rien dans l'ombre. Il faut que le spectateur ne se
pose pas de questions à l'infini, mais au contraire prolonge tes
émotions. A partir d'une émotion proposée, il faut
que lui puisse rajouter les siennes et voir le film avec son univers qui
lui est propre.
M.D. : Claude, une dernière question. Au cours de la première
partie de « Si c'était à refaire », tu as réalisé
et programmé un curieux et très impressionnant court-métrage.
une course folle à travers Paris. Pourquoi ?
C.L. : Ce court-métrage symbolise exacte-ment mon état d'âme.
Il symbolise Claude Leiouch. Un matin je me suis réveillé
à 6 heures du matin, j'ai pris ma Mercedes et j'ai accroché
une caméra au pare-choc avant. Et je suis parti tout seul, sans
autorisation, sans assistant. Je suis parti du périphérique
Porte Dauphine et j'ai traversé Paris par l'Avenue Foch, les Champs-Elysées,
la Place de la Concorde, jusqu'à Montmartre. Le tout à 220,
230 km/h. J'ai risqué ma peau cinq fois. J'ai grillé deux
ou trois feux rouges.
M.D. : Mais c'est fou... Pourquoi as-tu fait ça ?
C.L. : Pourquoi ? Je ne sais pas... Je l'ai fait parce que j'avais envie
de le faire. J'aurais pu me tuer. Mais je l'ai fait comme tout ce que
je fais dans la vie. Sans penser aux conséquences...
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