Visa n° 50 213
Durée : 105 minutes
© 1979 Les Films 13 / Cinevideo Montreal

Sélection officielle Festival de Cannes, hors compétition.

Avec : Catherine Deneuve, Jacques Dutronc, Jacques Villeret, Paul Préboist, Bernard Le Coq, Jacques Godin, Emile Genest, Gérard Caillaud, Jean-François Rémi, Xavier Saint-Macary, Daniel Auteuil, Gérard Darmon et Gilberte Géniat.

Note d’intention : En calcul, un et un ça fait deux. En amour, de temps en temps, ça fait aussi deux. Très souvent, ça fait zéro ; dans la plupart des cas, moins deux… Les mystères de l’addition ou de la soustraction de deux êtres sont en définitive la seule chose à laquelle j’aime réfléchir. Si ce qui est infaillible en calcul peut être constamment remis en question au niveau d’une émotion, c’est bien la preuve que nous sommes des cas particuliers et que les expériences des autres ne servent qu’aux autres

Mes additions et mes soustractions ne m’ont jamais ennuyé; elles ont été quelquefois dramatiques, souvent décevantes. Deux fois ce fut l’extase, mais si brève… Alors je décidai qu’avec l’aide du cinéma, je passerais le plus clair de mon temps à retrouver ces moments.

Le cliché serait de dire que nous vivons dans un monde qui fait semblant. Et qu’il faut à tout prix dépister les tricheurs et leurs revendications… La vérité, c’est peut être le thème principal de « A nous deux » puisqu’elle seule peut s’additionner, maintenant j’en suis sûr.

Donc à première vue, « A nous deux » pourrait être un « Bonny & Clyde » (n’oublions pas que c’est le mensonge qui les a perdus). Dans ce film où la sérénité n’est pas de mise, nous racontons l’histoire d’un homme et d’une femme nés pour ne jamais se rencontrer, parce qu’issus de deux classe opposées, qui n’ont jamais rien fait pour se côtoyer, se reconnaître, se comprendre. Il aura fallu une déchirure profonde dans le vie de Françoise (Catherine Deneuve) pour que la vérité de Simon (Jacques Dutronc) devienne la sienne.

Au-delà de ces handicaps, Simon et Françoise sont confrontés à toutes les difficultés de l’escalade de la vie de hors-la-loi, de la peur permanente et de l’insécurité. Avec en plus pour Françoise, la contrainte d’être liée à un homme qui représente tout ce qu’elle déteste. C’est dans ces conditions, constamment à la limite du mensonge, que leur amour va naître et s’affirmer chaque fois, bien sûr, que la vérité marquera un point.

En chaque homme, en chaque femme, il y a toujours quelque chose à trouver, à condition de faire partie de ceux qui cherchent… Simon et Françoise sont des chercheurs.

Je voudrais que « A nous deux » soit mon film le plus optimiste, pour tous ceux qui pensent encore qu’à deux on peut faire deux fois plus de choses. Et comme je sais qu’il y a des gens qui ne sont absolument pas intéressés par ces additions et ces soustractions, j’ai bâti « A nous deux » comme un film d’aventures. L’amour, ça peut être aussi un spectacle… surtout quand il y a beaucoup de gens autour qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas !